vendredi 26 juin 2015

BATZ, UN POTAGER SUR LA MER

L'arrivée au débarcadère de l’île de Batz.
L'arrivée au débarcadère de l’île de Batz.
Il fait incroyablement doux et, dans le jardin Georges Delaselle,  les palmiers et les bananiers sont comme chez eux. Sur l’île de Batz au large de Roscoff, en Finistère, on est pourtant sur la même latitude que Saint Pierre et Miquelon et plus haut que l’estuaire du Saint Laurent. La faute à qui donc ? La faute au Gulf Stream les amis !

Dès le mois de juin, il n’est pas rare que l’île de Batz soit écrasée de soleil et, pour Géraldine Le Roux qui cultive ses échalotes, oignons, carottes mais aussi choux fleurs, choux raves et rutabagas, le travail aux champs est rude et éprouvant, sans l’ombre d’un arbre pour se protéger des rayons brûlants. Mais elle ne se plaint pas.

Une exceptionnelle pomme de terre

Dans la terre légère de cette île de rêve de 3,5 km de long que l’on atteint en ¼ d’heure depuis Roscoff, les légumes bio de Géraldine, poussent très bien. Mais sa spécialité, c’est la pomme de terre. Moins illustre que celle de Noirmoutier et autres qui bénéficient déjà d’un label, elle fait le régal des connaisseurs et on peut la repérer sur les marchés notamment à la protection de papier qui représente l’île de Batz (prononcer « Ba ») et son phare.

On la déguste au four avec toutes sortes d’accompagnements à La Cassonade, charmante crêperie sur le port qu’il est impossible de manquer quand on arrive au débarcadère. C’est une des spécialités maison et si appréciée qu’il vaut mieux les commander. Il n’est pas rare qu’au début du service, ils soient déjà dévalisés.

Chantal, îlienne authentique

Se fier à une îlienne pour découvrir les charmes de ce morceau de granit recouvert, grâce aux vents marins, de sables coquilliers qui se sont déposés sur des limons argileux, est un des meilleurs plans.

Géraldine, aux échalotes sur l'île de Batz (29).
Voir la vidéo... (7:00)
Chantal, qui a quitté le littoral pour suivre un mari patron pêcheur, connaît Batz sur le bout des doigts et tous les meilleurs endroits d’un lieu qui en compte forcément peu. Même si de nombreux îliens, dont elle-même, proposent des locations d’été.

Sur l’île, on se balade à pied et à vélo. À la découverte du phare qui permet de porter le regard jusqu’à l’île Vierge, la baie de Morlaix et les Sept-Iles, du Trou du Serpent, la roche de laquelle Saint-Pol-Aurélien, aurait, selon la légende, précipité un dragon. On s’arrête devant les ruines de Sainte-Anne, chapelle romane du 11ème siècle, totalement ensablée puis dégagée. Elle accueille la célébration du Pardon de Sainte Anne chaque année le dernier week-end de juillet. On se repose enfin sur une des petites plages, que l’on appelle ici des grèves, sur un sable blanc et incroyablement doux, bercé par les cris des oiseaux de mer.

Mais si, à l’origine, l’île était couverte d’une végétation rase et sans arbre, c’est avec les plantes exogènes rapportée par les marins qu’elle s’est enrichie de plantes méditerranéennes et tropicales.

L’oasis bretonne de Georges Delaselle

Au tout début du 20ème siècle Georges Delaselle découvre le climat méditerranéen de l’île. Il va y créer un « jardin colonial » qui va le passionner toute sa vie et même lui faire quitter une prospère situation d’assureur à Paris. Pendant 40 ans, il installe un cordon de dunes artificielles, travaille ses plantations en terrasse et met ainsi à jour une nécropole datant de l’Age de Bronze dont 10 tombes sont encore visibles aujourd’hui.

Gulf-Stream plantations de l'île de Batz (29).
Voir la vidéo... (3:07)
La Palmeraie est constituée d’arbres anciens qui résistent bien au vent et l’association des Amis du Jardin Georges Delaselle, gestionnaire du jardin continue à entretenir la flamme des plantes subtropicales, cactées, bulbes des terres australes, jardin d’herbes dont le fameux chemin des persils sauvages et lande fleurie.

Les jardiniers mettent à la disposition des visiteurs et surtout des îliens, qui disposent à la fois du terroir et du climat parfait pour qu’elles prospèrent, des boutures qui permettent au jardin de migrer un peu partout dans l’île.

À l’abri de cette végétation qui n’a rien d’océanique et au cœur de ce jardin exceptionnel, les îliens vivent comme si le continent n’était pas à ¼ d’heure à peine des rivages de l’île.

Alors que le soleil s’apprête à disparaître à l’horizon, les touristes qui n’auront pas pu rester pour plusieurs jours, reprennent la vedette pour Roscoff, pendant que les fils de Chantal, patrons pêcheurs eux aussi, rejoignent le port de l’île avec leur bateau après une journée en mer.

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